LISA se prend pour une ROMANCIÈRE !

Ha ha ha, mais quelle bonne blague, me diriez-vous?!

Vous n’auriez peut-être pas tort…

Cela dit, avant de flirter avec le merveilleux monde du blog, je m’étais adonnée à une tentative d’écriture lors de mes sombres soirées d’hiver où je n’avais pas de dramas à regarder.

Depuis j’ai un peu abandonné mon récit… Mais toujours est-il qu’il traîne encore dans un coin de mon pc, caché au milieu de mes papiers administratifs, cv et lettres de motivation.
Alors, soyons complètement déjantée ! Postons-le !

Peut-être même, que si vous êtes sages, vous aurez la suite… Ou pas… *joke*

Chap. 1

.
L’horloge murale affiche 11h43. Encore 17 minutes avant l’heure de table. Je n’en peux plus de cet ordinateur et de ces fichiers avec tous ces chiffres. En fait, j’ai toujours eu horreur de tout ce qui attrait aux nombres. C’est à se demander comment j’ai pu atterrir à ce poste de compta.
Ha si, ça y est, je m’en souviens… Il semblerait que ma mère m’y ait fortement poussée dans ma jeunesse !
Je grimace en louchant rien qu’à cette pensée. Cathy, ma voisine de bureau me regarde avec un air interrogateur, limite moqueur: 

– « Ho la ! Tu as si faim que ça ??! Qu’est-ce que c’est que cette tête ?… C’est bon, Nina, tu vas le voir ton beau prince, stresse pas !!! »

Et la voilà qui éclate de rire.

Je pose deux yeux interloqués sur elle. Ma grimace s’intensifie lentement. Je dois avoir l’air complètement idiote. un gros point d’interrogation se dessine sur mon visage.
Au bout de trois secondes, une éclaircie apparait enfin au fond de ma pupille. Je sors de ma léthargie :

–  » Haaaaaa okay ! C’est ça ! Moque-toi, va ! C’est pour cette raison que tu acceptes de déjeuner avec moi ?! J’comprends mieux. En vérité, c’est  juste pour te foutre de ma gueule, hein ?! Sorcière, va ! »

-« Bein, évidemment ! Tu ne crois quand même pas que c’est pour te regarder minauder devant ton serveur ? », réplique Cathy, du tac-au-tac.

– « Gnia, gnia, gnia, d’abord ! Et il n’est pas serveur. Le pub est à lui. », dis-je en marmonnant.

Cathy repart d’un rire franc.
L’instant d’après, elle se replonge dans ses tableaux de compta.

Je regarde mon écran et pousse un rapide soupir. Si elle m’entend, elle risque de m’envoyer encore une de ses magnifiques boutades…

Mais elle a raison. Je profite de sa bonté pour la trainer au pub « Big Ben ». (Je me demande pourquoi il porte ce nom.) Toute seule, je n’aurais pas osé y déjeuner. Le serveur, enfin, pardon, le proprio…. Bon, ok, le fils de la proprio…. vient y donner un coup de main depuis peu. J’en suis raide dingue. Quoique, ce n’est pas exactement le terme. Disons que je croquerais bien ses petites fesses que je lorgne dès qu’il passe près de ma table, chargé de ses assiettes garnies de crêpes salées.

Je rougis légèrement à cette pensée.

11h55

– « Je reviens ! J’vais m’refaire une beauté. »

Cathy lève à peine le nez de son ordi et me rétorque :

– « Vas-y, vas-y, Dona Juanita ! »

– « Haaaaa, très drôle, madame ! »

Une fois aux toilettes, avec ma trousse à maquillage (l’outil de la femme en chasse), je retouche vite-fait mon ravalement de façade. J’inspecte ma tenue. Pantalon gris moulant le derrière et petit-haut-écru-très-près-du-corps-avec-gros-décolleté. Avant de sortir, je rejette une oeillade dans la glace. Je m’auto-inflige une tape sur la fesse, en me lançant un clin d’oeil.
Pfffff, n’importe quoi…
Des fois, j’me fais honte. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour avoir l’air de ressembler à quelque chose aux yeux d’un homme.

12h03

Cathy est prête à partir, la clope à la main. Elle me presse :

– « Allez, allez, on y va !!! J’ai faim, moi. J’veux ma crêpe au saumon et mon Adel. Tu m’invites, bien sûr. Fais péter les tickets resto et dépêche-toi donc. »

Sur ce, elle me balance mon sac à main.

J’vous jure. Elle me maltraite sans arrêt. Il va falloir que je pense à changer de copine un jour.

Le « Big Ben ».

Je pousse la porte en verre. Dans mes oreilles arrive le pia-pia de Cathy. Je n’écoute qu’à moitié l’histoire de son week-end monotone et celle des heures supplémentaires faites par son mari qui ont le don de la mettre en rogne.

Mon coeur se met à battre la chamade lorsque j’aperçois mon idalgo en jean’s stone et chemise noire. Il n’est pas très grand mais plutôt bien proportionné. Il est toujours coiffé impeccablement, ses cheveux chatains en arrière. Ses yeux noisettes ont l’air de me répéter : « Tu m’plais, chérie. » Sans parler de son sourire énigmatique avec lequel il aime me taquiner.
Je jubile de l’intérieur et j’ai du mal à me contenir.

Cathy ne peut retenir un :

– « Ho la, ça y est, elle est toute chose ! », suivi d’un « Bonjour » bien fort à l’attention de mon amoureux.

De mon côté, je lui fais les yeux de biche en lui montrant toutes mes dents dans un sourire que j’espère assez aguicheur.

Depuis quelques temps, il me salue amicalement et s’est même décidé à me tutoyer. Lors des deux derniers déjeuners, il nous a offert le café en fin de repas. Je pense que c’est plutôt de bon augure, qu’en pensez-vous ?!

On s’installe à la table côté vitre de sorte à avoir une vue directement sur le Boulevard St Germain et surtout… à être près du radiateur !
C’est un petit pub avec une demi-douzaine de tables. Il y fait assez sombre. Les tables rectangulaires en bois foncé, un peu fatiguées vont parfaitement avec les banquettes en velours usé de couleur bordeaux. Il y a de la moquette de la même teinte (ou du moins, l’était-elle autrefois) au sol. je ne préfère pas m’y attarder. Je finis par me dire la même chose à chaque fois: « Beurk, je n’aimerais pas m’y rouler. »

Aux murs, sont accrochés toutes sortes de cadres photo où l’ont reconnait quelques monuments Londoniens, dont le fameux Big Ben.
Derrière l’énorme comptoir en bois massif, mon futur quatre-heure s’affère à essuyer des verres à bière. Je le surveille en coin tout en faisant des sourires ravageurs à Cathy, alors que l’on parle boulot et clients chiants.

J’ai conscience de l’absurdité de la chose mais heureusement, Cathy me laisse faire sans aucune remarque. Je risquerais de m’étrangler sinon.
Parce que je ne vous ai pas dit… Je suis très maladroite. Tous les timides sont maladroits en situation embarrassante.

A la fin du déjeuner, je me lève et je me dirige vers le comptoir, règlement préparé à l’avance.

– « Alors?  C’était bon ?! Pas déçue ?! », me dit-il en me faisant le coup du regard désarmant.

– « Jamais déçue quand je viens ici… »

Ce ne sont plus des yeux de biche que j’affiche; ce sont ceux d’une bête féroce affamée. Je suis certaine d’avoir de la bave qui mousse aux coins des lèvres.
Et histoire de m’émoustiller encore un peu plus, il me sort tout naturellement:

– « Ce week-end, tu fais quelque chose ? »

Moi, sous le choc :

– « Heu… ça dépend…. »

– « On s’voit samedi soir ? On s’fait un resto ? »

Pincez-moi ! Il pourrait prévenir avant de me rentrer dedans. Je ne m’étais pas préparée psychologiquement, moi !
Ho et puis zut ! Qu’est-ce que j’raconte ?! Vas-y fonce, ma fille !

Je reprends un air tout à fait détendu, comme celui de la fille très cool à qui ça arrive toutes les 30 minutes.

– « Ok, pas d’soucis. Ça me va. Bon, bein, à samedi alors… »

Il referme le tiroir caisse et me demande d’attendre une seconde. Arrivé près de moi, il me prend par la taille et m’embrasse sans aucune permission.

Surprise, je me laisse carrément faire. Les petits papillons de retour dans mon ventre exécutent une danse endiablée.

Il me tend un bout de papier et rajoute :

– « Appelle-moi, ok ? »

– « Ok. Faut que j’y aille. À plus tard. J’t’appelle. »

Cathy pouffe toute seule dans son coin. Pas du tout discrète, elle lève ses sourcils dans un air très entendu. Quelle honte ! Je vais l’avoir sur le dos tout le reste de la journée.

Enfin de retour à la maison. Il est bien plus de 19h…

Les trajets en RER sont toujours aussi agréables. Entre les groupes de femmes qui se donnent des airs supérieurs comme si elles étaient des personnes importantes juste parce qu’elles sont actives; les petites jeunettes tombées dans des pots de peinture qui piaillent fort en gloussant comme des dindes; ou le gars qui se la joue businessman en beuglant 3 fois trop fort dans son portable pour convaincre l’assemblée qu’il a des contacts dans le show-biz…. au secours !

Moi dans tout ça, je me contente de regarder le paysage, distraite par la musique dans mes oreillettes.

Maison. Je passe la porte et envoie valser mes chaussures dans un coin de l’entrée.

Cela fait deux jours que « Georgio » (Il s’appelle Georges en vrai… Je comprends qu’il opte pour ce surnom un brin ringard.) m’a donné son numéro. Je n’ai toujours pas appelé.
Une des règles primordiales féminines : Se faire désirer. Il ne manquerait plus qu’il pense que c’est dans la poche. Et pis quoi encore ?!

Je contemple mon portable. Son numéro est déjà enregistré.

Finalement, je décide de prendre une rapide douche avant. Il peut bien patienter jusqu’à 20h. C’est bien 20h. Un grand garçon comme lui ne doit pas être couché à 20h. Ça casserait un peu le mythe s’il l’était. Je pouffe de rire à cette idée.

Une bonne douche brûlante me revigore toujours. Avec ma serviette sur la tête et mon vieux pyjama, je m’éloigne des standards du glamour mais qu’importe, l’avantage d’une conversation téléphonique c’est que l’on n’a personne en face de soi.

Je me sens un peu nerveuse. En y réfléchissant, nous n’avons jamais discuté. Bonjour. Merci. Au revoir. Des banalités. Mais c’est tout.
Je compose le numéro. Dès la première tonalité, je cligne d’un l’oeil avec un sourire crispé.
Il décroche… Il est encore au pub.
Quelle imbécile je fais ! L’idée qu’il serait encore à son poste de travail ne m’a même pas effleurée.
Il me dit qu’il ne peut pas me parler longtemps et s’excuse. Je soupire intérieurement. Je suis soulagée que la conversation soit courte.

« Donc samedi, ça te convient toujours?  », me dit-il
« Bien entendu ! On se retrouve où ? »
« Le plus simple c’est devant le pub. Qu’est-ce que t’en dis?  »
Je lui répond un « d’accord » très rapide.
Nous convenons que 19h30 nous arrangeait tous les deux.

Je raccroche avec un salut bien plat.

Mes sentiments sont assez mitigés. Je reste un moment à fixer un point invisible en me questionnant intérieurement. Et si c’était une belle connerie…? Tant pis, qui vivra verra.

Ma soirée se termine mollement au fond de mon lit, à zapper d’une chaîne à l’autre. Désespérant.
.

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Samedi, 17h.

J’ai passé ma journée entre le ménage, les courses et le net.
Il est temps de se faire une beauté.
Mais avant, écoutons un peu de musique pour les bonnes ondes. Je choisis une compilation de funk qui a un effet immédiat sur moi. Je pars en dansant jusqu’à la salle de bain.
Le pommeau de la douche sera ma victime. Il me servira de micro. Les voisins apprécieront !

Le combat avec mes cheveux est rude. Trop fins, ils n’acceptent aucune structure. Pourtant, cette bataille n’est rien en comparaison avec la guerre anti-poil. Dictats de la beauté je vous déteste !

Je choisis un pull angora rouge sombre et un pantacourt noir. Avec mes bottes brunes, je trouve que l’ensemble est plutôt seyant. Je m’asperge d’un voile de vanille, histoire de m’envelopper de volupté. C’est bon, je suis prête à partir.

Je sors de la bouche de métro à St Michel. Je suis très nerveuse. Je vois Georgio. Il m’attend sur le trottoir d’en face, le col de son duffle-coat remonté pour se protéger du froid.
J’ai une envie soudaine de faire demi-tour. Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ?
J’en crevais d’envie il y a quelques jours encore. Le soufflé est retombé. Je perds mes moyens.
J’ai horreur de me sentir comme ça. Je connais la suite des évènements. Je risque le blocage psychologique et la transformation en fille maussade. J’espère qu’il parviendra à me détendre. 

« Bonsoir ! »

« Salut, ça va ?! » me répond-il.

Il semble à l’aise. Tant et tellement qu’il n’hésite pas à se pencher vers moi pour m’embrasser.
Je sens la confiance reprendre le dessus. Bon point, mon Georgio !

Il m’annonce que nous allons au resto. Il a réservé. Mais avant, il doit faire une petite halte pour ramener à un pote la voiture qu’on lui a prêté.
Les mots « plan foireux » pointent soudain dans ma tête.
Il n’a pas de voiture. Je peux comprendre. Mais si c’est le genre de mec à jazzer avec celle de ses amis, ça ne va pas le faire.
Et puis… Il aurait pu la rendre avant notre rendez-vous. Pourquoi attendre que je l’accompagne…? Serait-ce pour m’exhiber comme un trophée ? Je n’aime pas cette idée !

Pendant le court trajet, la conversation se fait rare. Elle est d’une banalité à en mourir d’ennui. Il me parle du couple d’amis que l’on va voir…

Oui…. à vrai dire, je m’en fous un peu.

Il se sent obligé de m’expliquer qu’ils habitent les beaux quartiers de Paname…. Ha waaah ! J’imagine que je dois m’extasier.

Nous les retrouvons un peu plus loin. Il faisait déjà froid tout à l’heure mais en descendant de la voiture, j’ai senti un vent glacial.
Pompeuse, la nana du couple m’a totalement ignorée, daignant à peine diriger vers moi un regard hautain.
Merci mademoiselle. Je flotte dans la plénitude maintenant.

La voiture restituée, mon hidalgo que je commence à trouver moins charmant me prend par la main et d’un signe, il hèle un taxi.
Je suis abasourdie. Je retiens sa main. Je préfère prendre le métro. Il n’est pas tard. Le taxi c’est un peu excessif.

« Un taxi, c’est mieux que le métro. Et puis, comme ça je te fais visiter Paris by night. »

Heeeein?!

Je rêve ! Heureusement qu’il est là, dis donc. Pauvre banlieusarde, que je suis. Je n’ai jamais vu Paris la nuit. Il me prend donc pour une bouseuse.
Je fulmine.

Dans le taxi, je me décompose un peu plus. Lorsqu’il se met à parler, ce gars n’a qu’un seul sujet : lui !
Vaseuse, je fais mine de m’intéresser aux petites loupiotes à travers le carreau. Il en profite pour me décrire fièrement tout ce qui défile sous nos yeux. La grande roue. Oui, je vois. L’Obélisque de la Concorde. Haaaaaa, d’accord. La seine. Hooooo…
Au fil des mètres parcourus, je déchante complètement. Me prend-il pour une inculte ?

Fin de l’excursion sur les Champs-Élysée. Rien que ça.

Publié par Lisa

Bonjour, petit(e) promeneur(se) du net ! Sois le(a) bienvenu(e) ! Depuis que j'ai rejoint la team des gens qui aiment parler lifestyle, je bafouille et je cafte sur mon quotidien. Mais il faut que je vous prévienne... Ce quotidien est teinté par le regard passionné que je porte sur la Corée et le Japon. J'espère vous faire passer un moment sympathique à chaque lecture. Il m'arrive même d'être un peu rigolote... parfois... À très bientôt !

3 commentaires sur « LISA se prend pour une ROMANCIÈRE ! »

    1. Normalement il devrait y avoir une histoire de poulet et de couteau mais je n’avais pas pensé à le rendre un peu saignant…. Bonne idée ! (Comment tu sais que je tue des gens ?! MMMMMMOUHAHAHAHA !)

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    2. Ceci dit, il faudra que je le mette à jour. Je l’ai survolé en le postant… Beurk… J’ai déconné. Faudra que je le corrige dès que j’aurais un moment.

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